03.04.2008

ECOUTEZ-MOI

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Chute ! Quels petits bruits intriguant veux-tu faire parvenir à mes oreilles ? Fais toi entendre plus distinctement si tu veux attirer tous mes égards. Je monte le volume pour recouvrir mon monde de ta sagesse. A la lumière de ton son, je ne peux que te reconnaître, tu es mon autre. Une de ces chansons qui ne se résument pas à une voix posée sur une mélodie appropriée. Tu es l’une d’entre elles, celles qui me figent tant leurs expressions sont le miroir de moi-même. C’est une communion parfaite entre moi et cet autre. Cette voix me transporte, elle exprime en quelques notes toute ma candeur. Elle reflète ma voix intérieure qui l’espace de quelques minutes prend l’apparence et la sensibilité d’un autre pour déclamer mon émoi. Quant tu captes mon attention, je suis soudain emportée dans ce voyage des sens. Tes mots deviennent les miens. La musique me traverse de la tête aux pieds laissant sur son parcours des frissons en guise d’offrandes. Plus je t’écoute, plus je comprends la finesse de ton message. Le message d’une chanson n’est pas universel, il est unique pour chacun d’entre nous. Les paroles susurrées ont un sens qui n’appartient qu’à l’auditeur qui sait tendre l’oreille. Toute la richesse de notre langue revête sa dimension quant un être prend le temps de décrypter chaque mot mis en musique. Alors certaines chansons deviennent un peu les notre, les miennes. Comme si le compositeur s’était un jour penché sur mon journal intime pour en retenir mes émotions les plus intenses. La variété de tes textes me permet toutes les audaces : je taquine la mort avec humour et légèreté ou je transforme un moment fort en une banalité ridicule ; point de représailles derrière ce moyen d’expression populaire ! Quant je ne peux coucher ma mélancolie sur le papier, je laisse le disque tourner en boucle afin de crier mon désespoir par procuration. Lorsque le morceau change et que ta partition devient colorée, elle rythme soudain ma vie de pensées entraînantes. Son pouvoir ne réside pas dans son concept mais dans l’état dans lequel elle me plonge quel qu’il soit : la joie, la tristesse, la nostalgie, l’euphorie ou même l’incompréhension. Peu importe le genre ou l’interprète, il y a toujours à dire, l’indifférence n’existe pas. La musique rassemble ou divise mais elle crée toujours l’envie de se faire entendre, l’envie de partager sa poésie aux autres. Elle ne représente pas juste une idée ou une histoire de plus. Seule la musique nous offre le pouvoir de parcourir des milliers de kilomètres sans bouger d’un cil. Souvent, elle m’emmène dans ces endroits que je suis seule à imaginer ou à rêver. Je peux être qui je veux, où je veux, sans avoir peur d’être jugé ou importuné car mes jardins secrets n’ont pas d’adresses. Ils ont une beauté indéfinissable due à l’absence de frontières. Ce sont dans les chemins parcourus que réside toute la beauté de mes voyages sans limites car je suis l’unique pionnière de ces itinéraires. Je suis l’unique personne à fouler ces terres vierges de tous mensonges. A travers chaque chanson choisie, chaque musique écoutée, c’est moi que je livre par morceaux.

22.03.2008

LA VERACITE DE TES MENSONGES

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Tes contours se dilatent, tes mots s’évanouissent, tu ne ressembles plus à ce qui m’était familier. Ton absence me conforte dans mes pensées obscures qui ne veulent plus être illuminées par ton regard. Qui es-tu ? Tu as basculé de l’être aimé et admiré à cet étranger qui me glace sur son passage. Cherches-tu à fuir le décor que tu as crée autour de nous maintenant que les accessoires de l’illusion ont disparus ? De tes mensonges jailli une autre partie de ta vérité. Le vent de tes mensonges a balayé mes espoirs en fleurs, même nos souvenirs, morts et desséchés par le temps, ont été emportés. Tu as tué mes sentiments avec toute la finesse de ton arme, aiguisée afin de transpercer la seule partie des hommes qui ne peut être protégée par des artifices : le cœur. Il n’est point nécessaire d’apprendre pour manier habilement le mensonge. Tu maîtrises ce poison avec soin et agilité pour en connaître les effets dévastateurs qui se propagent une fois déversé. J’ai été contaminée lentement sans possibilité de créer le moindre anticorps contre ton venin. Je suis condamnée à te perdre dans le brouillard de tes calomnies. Un à un, j’en ressens les symptômes. Tu me parles, je ne te crois plus. Tu m’écoutes ? J’en doute. Si tes lèvres s’entrouvrent, je ne désire plus les observer pour en saisir chaque mouvement. Ta bouche est devenue le messager de mes blessures. Tes yeux ne sont plus les fenêtres de tes pensées que j’admirais. Aujourd’hui, ton regard est un paysage insipide sur lequel je viens me heurter comme sur une porte qui se referme brutalement. J’en ai perdu la clé. Si la tromperie est la source de tes échanges, alors je préfère encore conduire le reste de mon cœur dans le désert le plus aride.

16.03.2008

NOURRIS MOI DU SILENCE DE TES MOTS

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J’aime te parler, t’écouter, te lire, t’écrire. Tes mots s’enchaînent au gré de tes envies, tes idées, tes désirs. Je les lis dans un sens puis dans un autre et je les comprends dans le sens que j’imagine. Peut-être que tes mots sont volontairement enchaînés afin de ne me faire comprendre qu’une infime partie de ta vérité. Simple manipulation littéraire pour te cacher derrière des phrases que tu alimentes au hasard de ton intelligence. Mais là est ta faiblesse. Méfies toi de la personne qui te parle, t’écoute, te lit, t’écrit. Le sens de tes paroles non prononcées ne se reflète pas dans les yeux de l’autre, il est filtré par la sensibilité de ton lecteur. Je te lis à travers ta voix, ton écriture, ton silence. Ton silence te trahit. Le facilité d’aligner des phrases avec des mots communs est possible à chacun, aligner ses idées avec des mots justes est un talent rare. Alors je me délecte de tes silences, de ta capacité à éviter ces mots, à détourner la conversation que mes phrases veulent te faire aborder avec habilité. Ne rien dire ne signifie pas un refus de communiquer mais une envie de se faire comprendre des êtres qui savent écouter le silence des mots. Que dissimule l’absence de son, l’absence d’écriture ? Un refus de se dévoiler ? La peur de s’affirmer ? Une fêlure qui ne peut être matérialisée ? Tes non-dits m’inspirent d’avantage que tes banalités de convenance. Je veux décrypter tes paroles voilées pour te lire de l’intérieur. J’aime entendre chaque fois que tu me le permets la mélodie de ton silence. Quant j’écoute attentivement, il m’arrive de te surprendre par le rythme de mes mots entrelacés dans tes phrases. Ton écriture devient plus hésitante et perd son caractère envoûtant. Tu as testé ma façon de te lire, je teste ta façon de me répondre. Tu es déstabilisé, je prends le dessus et dirige notre échange avec délicatesse pour ne pas rendre tes idées infidèles, rendre tes mots boiteux ou ton esprit réfractaire. Je cherche la justesse de tes pensées avec des phrases épurées. La nudité de ce duel te fait reculer, plus un mot ne vient à moi. Tu as compris le jeu de mon écriture. Alors ton imaginaire revête le premier rôle dans l’autobiographie que tu me contes. Tu joues avec la langue de Molière, tout devient images, dérision, légèreté, afin d’endormir ma vivacité et m’emmener dans ta direction. J’arrête mes mots et les enferme dans ma mémoire pour les libérer lors de notre prochain dialogue. Tu ne m’as rien livré de ton intimité et j’ai pourtant entendu tant de secrets de toi. On ne se connaît que par mots interposés. Ton corps, ton visage, ton apparence n’existent que par l’intermédiaire de mon imagination. Tu n’es qu’une présence virtuelle qui vient s’immiscer chaque jour dans mon monde et cependant, on s’est apprivoisé comme deux âmes qui se reconnaissent en un instant, sans peur du geste qui nous trahit. Ta poésie a fait de moi une lectrice avide de tes mots. A demain. Déconnexion…