07.07.2008

AMITIE ERRONEE

Hier un ami, aujourd’hui un autre… Tu as couché tes émois sur cette feuille blanche, libre de dépeindre par des mots ce que ton cœur te dictait. Je suis perdue dans l’immensité de cette sincérité avouée. Suis-je coupable de ma négligence ? Je me suis confiée à toi comme une amie, tu as ressenti mes dires comme des révélations intimes dangereusement ambiguës. Ne peut-on pas figer nos sentiments pour que nos relations soient stables et rassurantes ? Ne pouvons-nous pas aimer éternellement sans perdre nos émotions en chemin, ne pouvons-nous pas être amis toute une vie sans mélanger le degré de notre attachement ? Tu me rassures, me comprends, me réconfortes, mais peut-être ai-je laissé la frontière se dissiper pour me perdre dans cette légèreté des sens. Par amitié, je vais te laisser t’éloigner doucement de cette souffrance ensevelie, et par amour, je vais accepter de plus être dépendante de ton âme apaisante. Cette lettre sonne comme une rupture des liens qui nous unissaient. Elle est belle, épurée, sincère, elle est le prolongement même de ta passion. Tes mots me font si mal. J’admire ta prose, la facilité avec laquelle tu enchaînes tes émotions. Tu me décris mais je n’arrive pas à me lire. Tes yeux me voient avec une beauté et une sensibilité qui me sont inconnues. Es-tu aveuglé par ton amour ou dois-je entrevoir dans ce portrait l’absurdité de mes complexes indélébiles ? Il est difficile d’entremêler l’amour de ce que je lis et la haine de ce que je ressens. Je ne doute pas de mes sentiments à ton égard, je doute de ma capacité à aimer. Serai-je un jour capable de m’ouvrir à ces paroles enchanteresses ? Rien ne sera comme avant, avant n’est plus et l’après me terrifie. Je vais continuer à avoir peur de tout, de moi, de demain…mais à cet instant j’ai peur de toi.

05.07.2008

LES FRISSONS DU PLAISIR

Pourquoi retenir ce qui devrait disparaître ? Mon esprit prétend ne plus être obscurci par ton souvenir, mon cœur hurle de désespoir de te voir réapparaître devant mes yeux. Je te déteste pour les souvenirs qu'il me reste de ton passage durant ces nombreux mois. Il ne me reste que des larmes desséchées le long de mes joues, l'emprunte de tes mains caressant lentement mon dos, la douceur de tes doigts dans mes cheveux, et un souffle posé délicatement un soir dans mon cou. Tu m'as fait pleurer quant tout me souriait et rire les jours de pluie. Je t'ai aimé comme personne, tu me l'as fait croire comme aucun autre. Je me suis donnée à toi comme une évidence malgré l'avis de tempête déferlante. Dois-je regretter la naïveté de mes croyances ? Pourtant je ne garde que le goût du beau. Je ne mettrai jamais mon cœur sous vide, exposé comme une œuvre soumis au jugement d'autrui, alors qu'une infime partie des êtres en comprennent le mécanisme. Les autres ont toujours su admirer de loin ce cœur exposé de peur de le briser. Mais toi seul as su briser la glace qui le retenait enfermé pour venir le toucher, le caresser, le faire battre à toute allure. Je ne cherche pas à être admirée sans réel intérêt, je veux qu'on me fasse vibrer jusqu'à m'écorcher. Alors de toi ce que je retiens, c'est la vie... Merci.

L'INSTANT

Ne verses plus une larme,

Ton chagrin est resté accroché à hier ;

Ne livres pas ton plus beau sourire,

Ton bonheur est pour demain ;

Profites de ton reflet,

Ta vie se déroule aujourd'hui.