01.02.2009

UN ECRAN PLAT

Pourquoi mes mains tremblent devant cette vie par procuration ? Plat, carré, coloré, bruyant, chantant, l'écran devant mes yeux ne me montre rien, il me démontre que les émotions se propagent à travers n'importe quel messager. Je ne suis plus qu'une palette de sentiments où chaque couleur dessine au gré des minutes un horizon différent. Pourquoi pleurer pour des inconnus qui n'ont de sincères que la justesse de leur jeu ? Pourquoi rire devant des situations incongrues alors que nous sommes simplement spectateurs ? Sommes-nous plus sensible à l'image projetée qu'au film de notre vie ? Je fais mon cinéma tout les jours mais le miens consiste à enfermer ses nuances de moi même, ne rien montrer, pour ne pas être regardée par le grand public. Ces photos emboitées me soufflent ma vie, celle des autres, celle que j’aimerai mienne ou pas. Je suis attirée par cette lumière aveuglante, cette toile qui me touche, me repousse vers mon chemin. Un rêve éveillé qui lorsque les lumières se rallument me ramène dans l’obscurité de mon avenir. Je réalise mes rêves, les espère réalisables un jour ou les laissent sur mon passage… Je ne réécris pas les scènes dans l’espoir de les rendre meilleures aux yeux des autres, je les apprends par cœur pour que les chapitres suivants ne soient pas encrés dans le fantasme d’un déroulement sans imprévus. Cet écran ne met pas offert pour rêver mais pour rendre mon monde incroyablement juste. Quel doux moment quand un passage  vient fleureter avec mes sens, quand il vient caresser lentement ma peau afin d’y faire ressurgir chaque frisson de souvenirs. Je voyage entre le film projeté et mes pensées qui s’accélèrent au rythme de l’intrigue. La force qui m’emmène ne réside pas dans sa capacité de narrateur mais dans l’harmonie imaginée entre son dialecte et ma traduction. Puisque cet art peut me fait planer sans overdose alors mon âme ne sera jamais en manque de cette drogue distribuée par millier.

06.09.2008

PS : I LOVE YOU

Tu es parti vers d’autres cieux mais ta présence à mes côtés est la réalité de mon quotidien. Je me sers contre la chaleur de ce corps fantasmé, si réel par la force de ton souvenir. Je te vois à volonté, tu es cette chose indélébile qui ne peut disparaître que par ma propre envolé. Je ne vois aucun mal à ce que ton fantôme me hante jours et nuits. Si malgré ceux qui me croisent, ma vie ne sera que solitude, j’aurai pour moi la douce folie de penser que mes pas sont recouverts par les tiens. Je cru avoir fait le tour de moi-même comme ces chevaux de bois qui galopent à vive allure inlassablement dans la même direction, mais comment faire le tour de quelque chose qui ne tourne pas rond ? Tu m’as montré le chemin à suivre vers mon destin, aujourd’hui je poursuis la route sans boussole. Notre amour m’a ouvert les yeux vers l’après. L’après toi, l’après nous, l’après moi sans toi, je ne vis plus, je survis afin d’atteindre le prochain électrochoc qui fera rebattre mon cœur. Notre amour ne se contentait pas du présent, il nous donnait la clé de l’éternité, sans début et sans fin. Et si c’était ça le bonheur, un sentiment sans date de péremption, un lien infiniment imperceptible qui ne ressent nul le besoin d’être matérialisé par le superflu. Finalement, ce n’est pas ta présence qui me rassure, c’est le souvenir de ce sentiment éternel… PS : I LOVE YOU !

13.07.2008

LE JOCKER DE NOTRE EGAREMENT

Alcool : Sérum de vérité ou poison de l'esprit ?

Je parle, je m'entends, je me comprends...mais demain ? Il me restera des mots, des bruits et ce qui était logique ne sera plus que des idées saugrenues, emboîtées les unes derrières les autres, exemptées de toute coordination. Le tourbillon de mes souvenirs est devenu un puzzle virtuel. Pourtant, certains mots ressurgissent à leur guise dans ma mémoire abîmée. Ces mots refoulés au plus profond que j'ai vomi verbalement la veille sur cette table composée de multiples visages aux intentions masquées. L'alcool a dissous les inhibitions de ma raison pour exhiber mes sens : le toucher, les regards perdus parfois, les paroles non contenues. Boit-on pour dire tout et son contraire ou pour exprimer les secrets de notre cœur ? Enchaînons-nous les verres pour révéler ce courage insoupçonné ou juste pour oublier ce qui dérange ? L'ébriété serait-il finalement que ce prétendu ami vicieux et agile prêt à nous cacher au besoin derrières des mots éphémères ? L'alcool est l'incarnation de notre lâcheté : on dit ce qu'on pense sans penser à ce qu'on dit et quant nos pensées nous rattrapent, on prétend ne pas avoir été le maître de ces pensées déballées. A l'avenir, je me méfierai de ta fourberie car l'illusion est de croire que cette plaidoirie ne condamne que l'auteur des propos. N'est pas victime celui qui est responsable de cette sincérité provoquée.

07.07.2008

AMITIE ERRONEE

Hier un ami, aujourd’hui un autre… Tu as couché tes émois sur cette feuille blanche, libre de dépeindre par des mots ce que ton cœur te dictait. Je suis perdue dans l’immensité de cette sincérité avouée. Suis-je coupable de ma négligence ? Je me suis confiée à toi comme une amie, tu as ressenti mes dires comme des révélations intimes dangereusement ambiguës. Ne peut-on pas figer nos sentiments pour que nos relations soient stables et rassurantes ? Ne pouvons-nous pas aimer éternellement sans perdre nos émotions en chemin, ne pouvons-nous pas être amis toute une vie sans mélanger le degré de notre attachement ? Tu me rassures, me comprends, me réconfortes, mais peut-être ai-je laissé la frontière se dissiper pour me perdre dans cette légèreté des sens. Par amitié, je vais te laisser t’éloigner doucement de cette souffrance ensevelie, et par amour, je vais accepter de plus être dépendante de ton âme apaisante. Cette lettre sonne comme une rupture des liens qui nous unissaient. Elle est belle, épurée, sincère, elle est le prolongement même de ta passion. Tes mots me font si mal. J’admire ta prose, la facilité avec laquelle tu enchaînes tes émotions. Tu me décris mais je n’arrive pas à me lire. Tes yeux me voient avec une beauté et une sensibilité qui me sont inconnues. Es-tu aveuglé par ton amour ou dois-je entrevoir dans ce portrait l’absurdité de mes complexes indélébiles ? Il est difficile d’entremêler l’amour de ce que je lis et la haine de ce que je ressens. Je ne doute pas de mes sentiments à ton égard, je doute de ma capacité à aimer. Serai-je un jour capable de m’ouvrir à ces paroles enchanteresses ? Rien ne sera comme avant, avant n’est plus et l’après me terrifie. Je vais continuer à avoir peur de tout, de moi, de demain…mais à cet instant j’ai peur de toi.

05.07.2008

LES FRISSONS DU PLAISIR

Pourquoi retenir ce qui devrait disparaître ? Mon esprit prétend ne plus être obscurci par ton souvenir, mon cœur hurle de désespoir de te voir réapparaître devant mes yeux. Je te déteste pour les souvenirs qu'il me reste de ton passage durant ces nombreux mois. Il ne me reste que des larmes desséchées le long de mes joues, l'emprunte de tes mains caressant lentement mon dos, la douceur de tes doigts dans mes cheveux, et un souffle posé délicatement un soir dans mon cou. Tu m'as fait pleurer quant tout me souriait et rire les jours de pluie. Je t'ai aimé comme personne, tu me l'as fait croire comme aucun autre. Je me suis donnée à toi comme une évidence malgré l'avis de tempête déferlante. Dois-je regretter la naïveté de mes croyances ? Pourtant je ne garde que le goût du beau. Je ne mettrai jamais mon cœur sous vide, exposé comme une œuvre soumis au jugement d'autrui, alors qu'une infime partie des êtres en comprennent le mécanisme. Les autres ont toujours su admirer de loin ce cœur exposé de peur de le briser. Mais toi seul as su briser la glace qui le retenait enfermé pour venir le toucher, le caresser, le faire battre à toute allure. Je ne cherche pas à être admirée sans réel intérêt, je veux qu'on me fasse vibrer jusqu'à m'écorcher. Alors de toi ce que je retiens, c'est la vie... Merci.

L'INSTANT

Ne verses plus une larme,

Ton chagrin est resté accroché à hier ;

Ne livres pas ton plus beau sourire,

Ton bonheur est pour demain ;

Profites de ton reflet,

Ta vie se déroule aujourd'hui.

NOUS

Ne me juges pas,

Je n'affirme rien, je me délecte de nouveaux songes ;

Ne me parles pas de pitié ;

Je n'ai pas de regrets, j'ai simplement des souvenirs sans toi ;

Ne te moques pas,

Je ne joue pas, je teste toutes les facettes de ma personnalité ;

Ne me disputes pas,

Je n'ai pas commis de fautes, je sorts des sentiers battus ;

Ne t'éloignes pas,

Je ne parts pas, je voyage jusqu'à l'épuisement.

 

Mais aides moi sans un geste,

Sans ta présence, je tombe avant d'avoir trébuché ;

Regardes moi sans vecteurs,

Sans tes yeux sur moi, je me dénigre ;

Supportes moi sans rancœur,

Sans ton indulgence, je me perds dans mes caprices ;

Aimes moi sans promesse,

Sans tes sentiments, mon cœur perd tous ses instincts ;

Ne laisses pas les autres me contempler à ta place,

Ton indifférence serait pire que ton mépris.

31.05.2008

LA PRETENTION DE SA VERITE

Ne juges pas ce que tu ne comprends pas, ne juges pas ce que tu ne peux imaginer, ton esprit est limité par ton ego. Tu as joué de tes connaissances pour croire que ta suprématie était la seule réponse à nos problèmes. Seul, tu te retrouves à contempler les souvenirs de ce qui était clair et prédéfinit entre nous. Seul, tu penses vivre à travers un écran, vide de sens, sans écho de l’autre côté. Penses-tu toujours que ta vérité, sans remise en cause, est la ligne de conduite à suivre ? Si la solitude est ton créneau, tu peux te venter d’avoir compris la vie avant d’avoir atteints l’âge de la maturité. Tu n’es que principes et désillusions, le rêve ne t’atteints plus alors tu vis comme dans un manuel qui guide tes pas, tes mots et même tes idées, sans fausses notes. Ouvres les yeux et vois que ton chemin n’est pas libre de tous jugements, il est tracé comme une autoroute sans fin, tu n’as pas prévu de bifurcations ou d’arrêts éventuels, tu traces et rien ne peut te perturber. Où es-tu ? Que s’est-il passé pour que tu ne sois plus que cet écran vide de tout sentiments, de toutes folies ? Tes principes ne font pas de toi un homme meilleur, ils font de toi un homme sans espoir. Je ne peux imaginer qu’elle est fait de toi un être aigrit, persuadé de détenir toutes les armes pour lutter contre les mésaventures de notre existence. Depuis son départ, tu les collectionnes par plaisir : la méchanceté, l’égoïsme, la solitude. Les armes ne nous empêchent pas d’être blessés, touchés, meurtris, elles n’incitent qu’à nous défendre par le geste plutôt que de nous servir habilement de la plus tranchante et la plus vile de toute : la parole. Ton arme la plus précieuse ne doit pas être aiguisée pour un combat futile mais pour l’argument du beau, du véritable. Elle te délivrera de tes maux, non par la passivité mais par l’expression de ta colère. Un jour, peut-être, tu seras capable de voir par d’autres yeux, de faire tomber ces barrières de l’esprit et de te partager aux autres. Un jour peut-être... Mais ce jour, qui sera encore présent pour te redécouvrir ?

13.04.2008

QUE LE SPECTACLE COMMENCE

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Une douce brise vient faire valser ma longue chevelure. Elle m’enveloppe de sa fraîche douceur, elle me titille, mais je n’ai de songes que pour l’horizon. Le vent caresse l’eau à la surface également, la mer semble toute ridée. Je contemple cet aquarium géant et mes yeux se perdent au loin là-bas. Qui y a-t-il au large ? Question sans réponse mais cette dernière importe peu puisque l’idée de l’infinie contente mon esprit. Le vent aime jouer de ce qui l’entoure, il empoigne à présent le sable à chacun de ses passages et le sème violemment comme un rituel réconfortant. Les grains atterrissent contre mon corps et restes accrochés comme de petits souvenirs à emporter. L’océan devient capricieux, les vagues claquent contre le sable pour rappeler son omniprésence et emportent tout sur leur passage. Ce que la mer dépose, elle seule en dispose. Mais quant son humeur s’adoucie et ressemble à son cousin l’étangs, elle offre ses trésors aux gens de passage, impatients d’y déterrer tes secrets enfouis depuis la nuit des temps. Les yeux fermés, je ne vois plus ton immensité mais j’entends ta puissance et ton chant aux teintes multiples. Mes narines aussi participent à ce spectacle, ton odeur s’y est invitée. Un nouveau figurant vient d’apparaître et de ces rayons il te réchauffe. Comme un spot partant du ciel, il éclaire ce tableau de sa lumière puis son faisceau se perd sur ta surface agitée. Soudain, la lumière change et se cache derrière des nuages bleutés annonceurs de mauvais présages. Ce soir, le spectacle se termine. Vite, je te quitte pour mieux revenir, mais mon cœur lourd telle une enclume, reste encré à ton port pour l’éternité.

03.04.2008

ECOUTEZ-MOI

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Chute ! Quels petits bruits intriguant veux-tu faire parvenir à mes oreilles ? Fais toi entendre plus distinctement si tu veux attirer tous mes égards. Je monte le volume pour recouvrir mon monde de ta sagesse. A la lumière de ton son, je ne peux que te reconnaître, tu es mon autre. Une de ces chansons qui ne se résument pas à une voix posée sur une mélodie appropriée. Tu es l’une d’entre elles, celles qui me figent tant leurs expressions sont le miroir de moi-même. C’est une communion parfaite entre moi et cet autre. Cette voix me transporte, elle exprime en quelques notes toute ma candeur. Elle reflète ma voix intérieure qui l’espace de quelques minutes prend l’apparence et la sensibilité d’un autre pour déclamer mon émoi. Quant tu captes mon attention, je suis soudain emportée dans ce voyage des sens. Tes mots deviennent les miens. La musique me traverse de la tête aux pieds laissant sur son parcours des frissons en guise d’offrandes. Plus je t’écoute, plus je comprends la finesse de ton message. Le message d’une chanson n’est pas universel, il est unique pour chacun d’entre nous. Les paroles susurrées ont un sens qui n’appartient qu’à l’auditeur qui sait tendre l’oreille. Toute la richesse de notre langue revête sa dimension quant un être prend le temps de décrypter chaque mot mis en musique. Alors certaines chansons deviennent un peu les notre, les miennes. Comme si le compositeur s’était un jour penché sur mon journal intime pour en retenir mes émotions les plus intenses. La variété de tes textes me permet toutes les audaces : je taquine la mort avec humour et légèreté ou je transforme un moment fort en une banalité ridicule ; point de représailles derrière ce moyen d’expression populaire ! Quant je ne peux coucher ma mélancolie sur le papier, je laisse le disque tourner en boucle afin de crier mon désespoir par procuration. Lorsque le morceau change et que ta partition devient colorée, elle rythme soudain ma vie de pensées entraînantes. Son pouvoir ne réside pas dans son concept mais dans l’état dans lequel elle me plonge quel qu’il soit : la joie, la tristesse, la nostalgie, l’euphorie ou même l’incompréhension. Peu importe le genre ou l’interprète, il y a toujours à dire, l’indifférence n’existe pas. La musique rassemble ou divise mais elle crée toujours l’envie de se faire entendre, l’envie de partager sa poésie aux autres. Elle ne représente pas juste une idée ou une histoire de plus. Seule la musique nous offre le pouvoir de parcourir des milliers de kilomètres sans bouger d’un cil. Souvent, elle m’emmène dans ces endroits que je suis seule à imaginer ou à rêver. Je peux être qui je veux, où je veux, sans avoir peur d’être jugé ou importuné car mes jardins secrets n’ont pas d’adresses. Ils ont une beauté indéfinissable due à l’absence de frontières. Ce sont dans les chemins parcourus que réside toute la beauté de mes voyages sans limites car je suis l’unique pionnière de ces itinéraires. Je suis l’unique personne à fouler ces terres vierges de tous mensonges. A travers chaque chanson choisie, chaque musique écoutée, c’est moi que je livre par morceaux.

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