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02.03.2008
ALORS REGARDE
Mes yeux ne voient-ils que le beau ? Pourquoi ne pas croire en la noblesse de ses sentiments ? Dois-je restreindre mes idées, mes pensées, mes rêves, mes espoirs parce que d’autres yeux n’y voient pas ? Un coup d’œil oubli avec désinvolture, le regard se souvient sans effort. Alors je regarde mon monde dans chaque recoin avec toute la finesse que je peux y entrevoir. Mes yeux n’effleurent pas, ils s’attardent, découvrent et s’émerveillent chaque fois qu’ils se posent. Aimer contempler la vie ne requière pas du temps mais de la sagesse, celle d’imaginer que chaque instant est unique et que cette vue, s’y ordinaire soit-elle, ne reviendra jamais plus nous faire grâce de son spectacle. Je veux continuer d’espérer que l’innocence de mon regard ne s’estompera pas avec le temps d’une vie, comme la vue diminue avec la vieillesse. Je refuse de contenter mes yeux du superflue. Un jour, d’autres yeux viendront peindre la même toile que la mienne. Ce sentiment que mes yeux vont croiser ceux qui seront me retenir sans un mot mais avec la promesse de toujours me contempler sans artifices. Je regarde le monde non pour le voir comme tout à chacun, mais pour le ressentir. Mes yeux ne sont que l’intermédiaire entre la beauté entrevue et les vagues de frissons qui en découlent et qui viennent se déverser dans tout mon être. Si la naïveté de mon regard me permet de prolonger le rêve qui est donné à chaque enfant, alors mes yeux seront la seule partie de moi à ne jamais vieillir.
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01.03.2008
DOUCE LUMIERE

Oh jeune flamme qui peine à se voir malgré l’immense vide qui t’entoure. Ce vide indéfinissable qui nous oppresse et nous pousse à rechercher la lumière, la flamme. Pourquoi soudain, au détour d’un virage, nous l’apercevons ? La flamme a-t-elle grandi ou avons-nous ouvert les yeux pour faire disparaître la solitude ? Je la vois là, petite, dansant sur elle-même, fragile et silencieuse. On cherche alors à l’approcher, l’apprivoiser doucement, avec méfiance pour éviter qu’elle ne s’éteigne, Je l’admire de loin, ne la quitte plus du regard de peur de perdre cette intensité, l’hypnose dans laquelle elle me plonge sans mon consentement. Vais-je finir par m’y brûler, me perdre dans la fumée qu’elle dégage autour de moi ? Plus je m’avance, plus elle s’allonge, éclaire et réchauffe mon corps, mes pensées, mon être tout entier. Vais-je accepter d’illuminer ce que j’ai d’enfoui au plus profond, de mettre en lumière ce qui se cache en moi ? Accepter d’entrer dans la lumière de sa vie, afin de rayonner pour l’autre qui nous attend dans l’ombre, demande d’entretenir la flamme naissante. Cette flamme je la reconnais, elle s’est allumée si souvent dans ce vide qui n’est autre que mon cœur. Quand sera-t-il venu le temps où le souffle de ton être va venir transformer cette flamme en incendie pouvant me consumer de l’intérieur ? En attendant cette douce brise, le blizzard de mes angoisses vient réduire ma flamme à néant, encore…
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