13.07.2008

LE JOCKER DE NOTRE EGAREMENT

Alcool : Sérum de vérité ou poison de l'esprit ?

Je parle, je m'entends, je me comprends...mais demain ? Il me restera des mots, des bruits et ce qui était logique ne sera plus que des idées saugrenues, emboîtées les unes derrières les autres, exemptées de toute coordination. Le tourbillon de mes souvenirs est devenu un puzzle virtuel. Pourtant, certains mots ressurgissent à leur guise dans ma mémoire abîmée. Ces mots refoulés au plus profond que j'ai vomi verbalement la veille sur cette table composée de multiples visages aux intentions masquées. L'alcool a dissous les inhibitions de ma raison pour exhiber mes sens : le toucher, les regards perdus parfois, les paroles non contenues. Boit-on pour dire tout et son contraire ou pour exprimer les secrets de notre cœur ? Enchaînons-nous les verres pour révéler ce courage insoupçonné ou juste pour oublier ce qui dérange ? L'ébriété serait-il finalement que ce prétendu ami vicieux et agile prêt à nous cacher au besoin derrières des mots éphémères ? L'alcool est l'incarnation de notre lâcheté : on dit ce qu'on pense sans penser à ce qu'on dit et quant nos pensées nous rattrapent, on prétend ne pas avoir été le maître de ces pensées déballées. A l'avenir, je me méfierai de ta fourberie car l'illusion est de croire que cette plaidoirie ne condamne que l'auteur des propos. N'est pas victime celui qui est responsable de cette sincérité provoquée.

07.07.2008

AMITIE ERRONEE

Hier un ami, aujourd’hui un autre… Tu as couché tes émois sur cette feuille blanche, libre de dépeindre par des mots ce que ton cœur te dictait. Je suis perdue dans l’immensité de cette sincérité avouée. Suis-je coupable de ma négligence ? Je me suis confiée à toi comme une amie, tu as ressenti mes dires comme des révélations intimes dangereusement ambiguës. Ne peut-on pas figer nos sentiments pour que nos relations soient stables et rassurantes ? Ne pouvons-nous pas aimer éternellement sans perdre nos émotions en chemin, ne pouvons-nous pas être amis toute une vie sans mélanger le degré de notre attachement ? Tu me rassures, me comprends, me réconfortes, mais peut-être ai-je laissé la frontière se dissiper pour me perdre dans cette légèreté des sens. Par amitié, je vais te laisser t’éloigner doucement de cette souffrance ensevelie, et par amour, je vais accepter de plus être dépendante de ton âme apaisante. Cette lettre sonne comme une rupture des liens qui nous unissaient. Elle est belle, épurée, sincère, elle est le prolongement même de ta passion. Tes mots me font si mal. J’admire ta prose, la facilité avec laquelle tu enchaînes tes émotions. Tu me décris mais je n’arrive pas à me lire. Tes yeux me voient avec une beauté et une sensibilité qui me sont inconnues. Es-tu aveuglé par ton amour ou dois-je entrevoir dans ce portrait l’absurdité de mes complexes indélébiles ? Il est difficile d’entremêler l’amour de ce que je lis et la haine de ce que je ressens. Je ne doute pas de mes sentiments à ton égard, je doute de ma capacité à aimer. Serai-je un jour capable de m’ouvrir à ces paroles enchanteresses ? Rien ne sera comme avant, avant n’est plus et l’après me terrifie. Je vais continuer à avoir peur de tout, de moi, de demain…mais à cet instant j’ai peur de toi.

05.07.2008

LES FRISSONS DU PLAISIR

Pourquoi retenir ce qui devrait disparaître ? Mon esprit prétend ne plus être obscurci par ton souvenir, mon cœur hurle de désespoir de te voir réapparaître devant mes yeux. Je te déteste pour les souvenirs qu'il me reste de ton passage durant ces nombreux mois. Il ne me reste que des larmes desséchées le long de mes joues, l'emprunte de tes mains caressant lentement mon dos, la douceur de tes doigts dans mes cheveux, et un souffle posé délicatement un soir dans mon cou. Tu m'as fait pleurer quant tout me souriait et rire les jours de pluie. Je t'ai aimé comme personne, tu me l'as fait croire comme aucun autre. Je me suis donnée à toi comme une évidence malgré l'avis de tempête déferlante. Dois-je regretter la naïveté de mes croyances ? Pourtant je ne garde que le goût du beau. Je ne mettrai jamais mon cœur sous vide, exposé comme une œuvre soumis au jugement d'autrui, alors qu'une infime partie des êtres en comprennent le mécanisme. Les autres ont toujours su admirer de loin ce cœur exposé de peur de le briser. Mais toi seul as su briser la glace qui le retenait enfermé pour venir le toucher, le caresser, le faire battre à toute allure. Je ne cherche pas à être admirée sans réel intérêt, je veux qu'on me fasse vibrer jusqu'à m'écorcher. Alors de toi ce que je retiens, c'est la vie... Merci.

L'INSTANT

Ne verses plus une larme,

Ton chagrin est resté accroché à hier ;

Ne livres pas ton plus beau sourire,

Ton bonheur est pour demain ;

Profites de ton reflet,

Ta vie se déroule aujourd'hui.

NOUS

Ne me juges pas,

Je n'affirme rien, je me délecte de nouveaux songes ;

Ne me parles pas de pitié ;

Je n'ai pas de regrets, j'ai simplement des souvenirs sans toi ;

Ne te moques pas,

Je ne joue pas, je teste toutes les facettes de ma personnalité ;

Ne me disputes pas,

Je n'ai pas commis de fautes, je sorts des sentiers battus ;

Ne t'éloignes pas,

Je ne parts pas, je voyage jusqu'à l'épuisement.

 

Mais aides moi sans un geste,

Sans ta présence, je tombe avant d'avoir trébuché ;

Regardes moi sans vecteurs,

Sans tes yeux sur moi, je me dénigre ;

Supportes moi sans rancœur,

Sans ton indulgence, je me perds dans mes caprices ;

Aimes moi sans promesse,

Sans tes sentiments, mon cœur perd tous ses instincts ;

Ne laisses pas les autres me contempler à ta place,

Ton indifférence serait pire que ton mépris.

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