22.03.2008

LA VERACITE DE TES MENSONGES

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Tes contours se dilatent, tes mots s’évanouissent, tu ne ressembles plus à ce qui m’était familier. Ton absence me conforte dans mes pensées obscures qui ne veulent plus être illuminées par ton regard. Qui es-tu ? Tu as basculé de l’être aimé et admiré à cet étranger qui me glace sur son passage. Cherches-tu à fuir le décor que tu as crée autour de nous maintenant que les accessoires de l’illusion ont disparus ? De tes mensonges jailli une autre partie de ta vérité. Le vent de tes mensonges a balayé mes espoirs en fleurs, même nos souvenirs, morts et desséchés par le temps, ont été emportés. Tu as tué mes sentiments avec toute la finesse de ton arme, aiguisée afin de transpercer la seule partie des hommes qui ne peut être protégée par des artifices : le cœur. Il n’est point nécessaire d’apprendre pour manier habilement le mensonge. Tu maîtrises ce poison avec soin et agilité pour en connaître les effets dévastateurs qui se propagent une fois déversé. J’ai été contaminée lentement sans possibilité de créer le moindre anticorps contre ton venin. Je suis condamnée à te perdre dans le brouillard de tes calomnies. Un à un, j’en ressens les symptômes. Tu me parles, je ne te crois plus. Tu m’écoutes ? J’en doute. Si tes lèvres s’entrouvrent, je ne désire plus les observer pour en saisir chaque mouvement. Ta bouche est devenue le messager de mes blessures. Tes yeux ne sont plus les fenêtres de tes pensées que j’admirais. Aujourd’hui, ton regard est un paysage insipide sur lequel je viens me heurter comme sur une porte qui se referme brutalement. J’en ai perdu la clé. Si la tromperie est la source de tes échanges, alors je préfère encore conduire le reste de mon cœur dans le désert le plus aride.

16.03.2008

NOURRIS MOI DU SILENCE DE TES MOTS

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J’aime te parler, t’écouter, te lire, t’écrire. Tes mots s’enchaînent au gré de tes envies, tes idées, tes désirs. Je les lis dans un sens puis dans un autre et je les comprends dans le sens que j’imagine. Peut-être que tes mots sont volontairement enchaînés afin de ne me faire comprendre qu’une infime partie de ta vérité. Simple manipulation littéraire pour te cacher derrière des phrases que tu alimentes au hasard de ton intelligence. Mais là est ta faiblesse. Méfies toi de la personne qui te parle, t’écoute, te lit, t’écrit. Le sens de tes paroles non prononcées ne se reflète pas dans les yeux de l’autre, il est filtré par la sensibilité de ton lecteur. Je te lis à travers ta voix, ton écriture, ton silence. Ton silence te trahit. Le facilité d’aligner des phrases avec des mots communs est possible à chacun, aligner ses idées avec des mots justes est un talent rare. Alors je me délecte de tes silences, de ta capacité à éviter ces mots, à détourner la conversation que mes phrases veulent te faire aborder avec habilité. Ne rien dire ne signifie pas un refus de communiquer mais une envie de se faire comprendre des êtres qui savent écouter le silence des mots. Que dissimule l’absence de son, l’absence d’écriture ? Un refus de se dévoiler ? La peur de s’affirmer ? Une fêlure qui ne peut être matérialisée ? Tes non-dits m’inspirent d’avantage que tes banalités de convenance. Je veux décrypter tes paroles voilées pour te lire de l’intérieur. J’aime entendre chaque fois que tu me le permets la mélodie de ton silence. Quant j’écoute attentivement, il m’arrive de te surprendre par le rythme de mes mots entrelacés dans tes phrases. Ton écriture devient plus hésitante et perd son caractère envoûtant. Tu as testé ma façon de te lire, je teste ta façon de me répondre. Tu es déstabilisé, je prends le dessus et dirige notre échange avec délicatesse pour ne pas rendre tes idées infidèles, rendre tes mots boiteux ou ton esprit réfractaire. Je cherche la justesse de tes pensées avec des phrases épurées. La nudité de ce duel te fait reculer, plus un mot ne vient à moi. Tu as compris le jeu de mon écriture. Alors ton imaginaire revête le premier rôle dans l’autobiographie que tu me contes. Tu joues avec la langue de Molière, tout devient images, dérision, légèreté, afin d’endormir ma vivacité et m’emmener dans ta direction. J’arrête mes mots et les enferme dans ma mémoire pour les libérer lors de notre prochain dialogue. Tu ne m’as rien livré de ton intimité et j’ai pourtant entendu tant de secrets de toi. On ne se connaît que par mots interposés. Ton corps, ton visage, ton apparence n’existent que par l’intermédiaire de mon imagination. Tu n’es qu’une présence virtuelle qui vient s’immiscer chaque jour dans mon monde et cependant, on s’est apprivoisé comme deux âmes qui se reconnaissent en un instant, sans peur du geste qui nous trahit. Ta poésie a fait de moi une lectrice avide de tes mots. A demain. Déconnexion…

02.03.2008

ALORS REGARDE

590442874.jpgMes yeux ne voient-ils que le beau ? Pourquoi ne pas croire en la noblesse de ses sentiments ? Dois-je restreindre mes idées, mes pensées, mes rêves, mes espoirs parce que d’autres yeux n’y voient pas ? Un coup d’œil oubli avec désinvolture, le regard se souvient sans effort. Alors je regarde mon monde dans chaque recoin avec toute la finesse que je peux y entrevoir. Mes yeux n’effleurent pas, ils s’attardent, découvrent et s’émerveillent chaque fois qu’ils se posent. Aimer contempler la vie ne requière pas du temps mais de la sagesse, celle d’imaginer que chaque instant est unique et que cette vue, s’y ordinaire soit-elle, ne reviendra jamais plus nous faire grâce de son spectacle. Je veux continuer d’espérer que l’innocence de mon regard ne s’estompera pas avec le temps d’une vie, comme la vue diminue avec la vieillesse. Je refuse de contenter mes yeux du superflue. Un jour, d’autres yeux viendront peindre la même toile que la mienne. Ce sentiment que mes yeux vont croiser ceux qui seront me retenir sans un mot mais avec la promesse de toujours me contempler sans artifices. Je regarde le monde non pour le voir comme tout à chacun, mais pour le ressentir. Mes yeux ne sont que l’intermédiaire entre la beauté entrevue et les vagues de frissons qui en découlent et qui viennent se déverser dans tout mon être. Si la naïveté de mon regard me permet de prolonger le rêve qui est donné à chaque enfant, alors mes yeux seront la seule partie de moi à ne jamais vieillir.

01.03.2008

DOUCE LUMIERE

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Oh jeune flamme qui peine à se voir malgré l’immense vide qui t’entoure. Ce vide indéfinissable qui nous oppresse et nous pousse à rechercher la lumière, la flamme. Pourquoi soudain, au détour d’un virage, nous l’apercevons ? La flamme a-t-elle grandi ou avons-nous ouvert les yeux pour faire disparaître la solitude ? Je la vois là, petite, dansant sur elle-même, fragile et silencieuse. On cherche alors à l’approcher, l’apprivoiser doucement, avec méfiance pour éviter qu’elle ne s’éteigne, Je l’admire de loin, ne la quitte plus du regard de peur de perdre cette intensité, l’hypnose dans laquelle elle me plonge sans mon consentement. Vais-je finir par m’y brûler, me perdre dans la fumée qu’elle dégage autour de moi ? Plus je m’avance, plus elle s’allonge, éclaire et réchauffe mon corps, mes pensées, mon être tout entier. Vais-je accepter d’illuminer ce que j’ai d’enfoui au plus profond, de mettre en lumière ce qui se cache en moi ? Accepter d’entrer dans la lumière de sa vie, afin de rayonner pour l’autre qui nous attend dans l’ombre, demande d’entretenir la flamme naissante. Cette flamme je la reconnais, elle s’est allumée si souvent dans ce vide qui n’est autre que mon cœur. Quand sera-t-il venu le temps où le souffle de ton être va venir transformer cette flamme en incendie pouvant me consumer de l’intérieur ? En attendant cette douce brise, le blizzard de mes angoisses vient réduire ma flamme à néant, encore…

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