13.04.2008
QUE LE SPECTACLE COMMENCE

Une douce brise vient faire valser ma longue chevelure. Elle m’enveloppe de sa fraîche douceur, elle me titille, mais je n’ai de songes que pour l’horizon. Le vent caresse l’eau à la surface également, la mer semble toute ridée. Je contemple cet aquarium géant et mes yeux se perdent au loin là-bas. Qui y a-t-il au large ? Question sans réponse mais cette dernière importe peu puisque l’idée de l’infinie contente mon esprit. Le vent aime jouer de ce qui l’entoure, il empoigne à présent le sable à chacun de ses passages et le sème violemment comme un rituel réconfortant. Les grains atterrissent contre mon corps et restes accrochés comme de petits souvenirs à emporter. L’océan devient capricieux, les vagues claquent contre le sable pour rappeler son omniprésence et emportent tout sur leur passage. Ce que la mer dépose, elle seule en dispose. Mais quant son humeur s’adoucie et ressemble à son cousin l’étangs, elle offre ses trésors aux gens de passage, impatients d’y déterrer tes secrets enfouis depuis la nuit des temps. Les yeux fermés, je ne vois plus ton immensité mais j’entends ta puissance et ton chant aux teintes multiples. Mes narines aussi participent à ce spectacle, ton odeur s’y est invitée. Un nouveau figurant vient d’apparaître et de ces rayons il te réchauffe. Comme un spot partant du ciel, il éclaire ce tableau de sa lumière puis son faisceau se perd sur ta surface agitée. Soudain, la lumière change et se cache derrière des nuages bleutés annonceurs de mauvais présages. Ce soir, le spectacle se termine. Vite, je te quitte pour mieux revenir, mais mon cœur lourd telle une enclume, reste encré à ton port pour l’éternité.
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03.04.2008
ECOUTEZ-MOI

Chute ! Quels petits bruits intriguant veux-tu faire parvenir à mes oreilles ? Fais toi entendre plus distinctement si tu veux attirer tous mes égards. Je monte le volume pour recouvrir mon monde de ta sagesse. A la lumière de ton son, je ne peux que te reconnaître, tu es mon autre. Une de ces chansons qui ne se résument pas à une voix posée sur une mélodie appropriée. Tu es l’une d’entre elles, celles qui me figent tant leurs expressions sont le miroir de moi-même. C’est une communion parfaite entre moi et cet autre. Cette voix me transporte, elle exprime en quelques notes toute ma candeur. Elle reflète ma voix intérieure qui l’espace de quelques minutes prend l’apparence et la sensibilité d’un autre pour déclamer mon émoi. Quant tu captes mon attention, je suis soudain emportée dans ce voyage des sens. Tes mots deviennent les miens. La musique me traverse de la tête aux pieds laissant sur son parcours des frissons en guise d’offrandes. Plus je t’écoute, plus je comprends la finesse de ton message. Le message d’une chanson n’est pas universel, il est unique pour chacun d’entre nous. Les paroles susurrées ont un sens qui n’appartient qu’à l’auditeur qui sait tendre l’oreille. Toute la richesse de notre langue revête sa dimension quant un être prend le temps de décrypter chaque mot mis en musique. Alors certaines chansons deviennent un peu les notre, les miennes. Comme si le compositeur s’était un jour penché sur mon journal intime pour en retenir mes émotions les plus intenses. La variété de tes textes me permet toutes les audaces : je taquine la mort avec humour et légèreté ou je transforme un moment fort en une banalité ridicule ; point de représailles derrière ce moyen d’expression populaire ! Quant je ne peux coucher ma mélancolie sur le papier, je laisse le disque tourner en boucle afin de crier mon désespoir par procuration. Lorsque le morceau change et que ta partition devient colorée, elle rythme soudain ma vie de pensées entraînantes. Son pouvoir ne réside pas dans son concept mais dans l’état dans lequel elle me plonge quel qu’il soit : la joie, la tristesse, la nostalgie, l’euphorie ou même l’incompréhension. Peu importe le genre ou l’interprète, il y a toujours à dire, l’indifférence n’existe pas. La musique rassemble ou divise mais elle crée toujours l’envie de se faire entendre, l’envie de partager sa poésie aux autres. Elle ne représente pas juste une idée ou une histoire de plus. Seule la musique nous offre le pouvoir de parcourir des milliers de kilomètres sans bouger d’un cil. Souvent, elle m’emmène dans ces endroits que je suis seule à imaginer ou à rêver. Je peux être qui je veux, où je veux, sans avoir peur d’être jugé ou importuné car mes jardins secrets n’ont pas d’adresses. Ils ont une beauté indéfinissable due à l’absence de frontières. Ce sont dans les chemins parcourus que réside toute la beauté de mes voyages sans limites car je suis l’unique pionnière de ces itinéraires. Je suis l’unique personne à fouler ces terres vierges de tous mensonges. A travers chaque chanson choisie, chaque musique écoutée, c’est moi que je livre par morceaux.
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22.03.2008
LA VERACITE DE TES MENSONGES

Tes contours se dilatent, tes mots s’évanouissent, tu ne ressembles plus à ce qui m’était familier. Ton absence me conforte dans mes pensées obscures qui ne veulent plus être illuminées par ton regard. Qui es-tu ? Tu as basculé de l’être aimé et admiré à cet étranger qui me glace sur son passage. Cherches-tu à fuir le décor que tu as crée autour de nous maintenant que les accessoires de l’illusion ont disparus ? De tes mensonges jailli une autre partie de ta vérité. Le vent de tes mensonges a balayé mes espoirs en fleurs, même nos souvenirs, morts et desséchés par le temps, ont été emportés. Tu as tué mes sentiments avec toute la finesse de ton arme, aiguisée afin de transpercer la seule partie des hommes qui ne peut être protégée par des artifices : le cœur. Il n’est point nécessaire d’apprendre pour manier habilement le mensonge. Tu maîtrises ce poison avec soin et agilité pour en connaître les effets dévastateurs qui se propagent une fois déversé. J’ai été contaminée lentement sans possibilité de créer le moindre anticorps contre ton venin. Je suis condamnée à te perdre dans le brouillard de tes calomnies. Un à un, j’en ressens les symptômes. Tu me parles, je ne te crois plus. Tu m’écoutes ? J’en doute. Si tes lèvres s’entrouvrent, je ne désire plus les observer pour en saisir chaque mouvement. Ta bouche est devenue le messager de mes blessures. Tes yeux ne sont plus les fenêtres de tes pensées que j’admirais. Aujourd’hui, ton regard est un paysage insipide sur lequel je viens me heurter comme sur une porte qui se referme brutalement. J’en ai perdu la clé. Si la tromperie est la source de tes échanges, alors je préfère encore conduire le reste de mon cœur dans le désert le plus aride.
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